dimanche, août 03, 2008
vendredi, juin 13, 2008
Lévinas
Ancien amour, doux bonheur de relire ce qui a été et ce qui semble être près de moi depuis toujours. D'une temps qui passe à mes idées qui changent, l'être devient dans le bousculement des évènements, dans l'effervescence de ce que je deviens.
si la métaphysique précède l'ontologie comme le spécifie si bien Lévinas, c'est que la justice est placé avant la liberté pour lui - c'est en fait, une belle conception de l'humanité, et de son aspect d'expansion. Expansion de moi en accord, ou en rapport à l'autre. L'autre comme élément de départ plutot que finalité, plutot que combativité.
Lévinas est mon rapport à l'autre, est le maintient à mes pas vers l'ascension transcendante.
Je crois que la philosophie de l'Autre combiné avec une philosophie de la suplication de Bataille pourrait faire un bon ménage, un beau marriage de la raison et de l'émotion. eheh
si la métaphysique précède l'ontologie comme le spécifie si bien Lévinas, c'est que la justice est placé avant la liberté pour lui - c'est en fait, une belle conception de l'humanité, et de son aspect d'expansion. Expansion de moi en accord, ou en rapport à l'autre. L'autre comme élément de départ plutot que finalité, plutot que combativité.
Lévinas est mon rapport à l'autre, est le maintient à mes pas vers l'ascension transcendante.
Je crois que la philosophie de l'Autre combiné avec une philosophie de la suplication de Bataille pourrait faire un bon ménage, un beau marriage de la raison et de l'émotion. eheh
jeudi, septembre 27, 2007
Le temps ne cesse d'exister
Il est là, près de moi dans le silence de toute présence. Dans la folie désespérée, qui nous permet d'arriver jusque là, ici. Et déjà ce mot, éteint tous les autres, dans le passé de sa présence, de son inexistence.
Exister, en sourdine, en silence: comme ces statuts qui semblent toujours présente, dans la profondeur de nos aspirations. Des facades de pierre, qui ont vécuent plus que nous par leurs présence, dans l'Absence de tout acte, dans l'effleurement du vent, de l'eau et des saisons sur cette surface facheuse qu'elles sont devenues.
être de marbre dans un silence fécond, dans l'absence, la présence de soi qui s'éveille, crépitant tel un feu de joie, d'un bonheur slendide, écarlate, ciel qui s'ébruite, qui démarre: j'apprend, mais quoi donc?
qui suis-je?
une conscience qui s'oublie dans le délire du temps, un prétexte qui s'ébruite, à côté de soi, de toi, près de l'amour on apprend et on oubli.
Oublier le temps, dans un silence qui nous étreind, un long baiser mouiller, Unique, comme le moment qui passe.
Unique,
Comme moi
et
Comme toi.
La lumière fascine par ses ombrages, dans les nuages qui persistent soudainement, au travers le ciel turquoise.
Écrire, voilà ce qui permet l'expression de la voluptée qui sommeille et qui doit s'embrasser, dans la folie crépusculaire et l'adoration de chacune des formes de ces lettres qui viennent de passer de mon esprit vers ce blogue.
Les mots me réveillent, et me bouscule, m'appelle et m'anime. Que faire?
Prier pour que chaque jours cette extase survienne
doux spasmes
et tranquille flots de l'océan
qui m'anime
et me réconforte.
nemA : Ainsi soit-il.
Exister, en sourdine, en silence: comme ces statuts qui semblent toujours présente, dans la profondeur de nos aspirations. Des facades de pierre, qui ont vécuent plus que nous par leurs présence, dans l'Absence de tout acte, dans l'effleurement du vent, de l'eau et des saisons sur cette surface facheuse qu'elles sont devenues.
être de marbre dans un silence fécond, dans l'absence, la présence de soi qui s'éveille, crépitant tel un feu de joie, d'un bonheur slendide, écarlate, ciel qui s'ébruite, qui démarre: j'apprend, mais quoi donc?
qui suis-je?
une conscience qui s'oublie dans le délire du temps, un prétexte qui s'ébruite, à côté de soi, de toi, près de l'amour on apprend et on oubli.
Oublier le temps, dans un silence qui nous étreind, un long baiser mouiller, Unique, comme le moment qui passe.
Unique,
Comme moi
et
Comme toi.
La lumière fascine par ses ombrages, dans les nuages qui persistent soudainement, au travers le ciel turquoise.
Écrire, voilà ce qui permet l'expression de la voluptée qui sommeille et qui doit s'embrasser, dans la folie crépusculaire et l'adoration de chacune des formes de ces lettres qui viennent de passer de mon esprit vers ce blogue.
Les mots me réveillent, et me bouscule, m'appelle et m'anime. Que faire?
Prier pour que chaque jours cette extase survienne
doux spasmes
et tranquille flots de l'océan
qui m'anime
et me réconforte.
nemA : Ainsi soit-il.
lundi, février 19, 2007
Un amour plus grand que l'amour
Lecture de la première lettre de Saint Paul, apôtre, aux Corinthiens (12,31 -13,8a)
Frères, Parmi les dons de Dieu,
Vous chercherez à obtenir ce qu'il y a de meilleur.
Eh bien, je vais vous indiquer une voie supérieur à toutes les autres.
J'aurais beau parler toutes les langues de la terre et du ciel,
Si je n'ai pas la charité, s'il me manque l'amour,
je ne suis qu'un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante .
J'aurais beau être prophète,
avoir toute la science des mystères,
et toute la connaissance de Dieu,
et toute la foi jusqu'à transporter les montagnes,
s'il me manque l'amour,
je ne suis rien.
J'aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés,
j'aurais beau me faire brûler vif,
s'il me manque l'amour,
cela ne me sert à rien.
L'amour prend patience,
l'amour rend service,
l'amour ne jalouse pas,
il ne se vante pas,
ne se gonfle pas d'orgueil,
il ne fait rien de malhonnête,
il ne cherche pas son intérêt,
il ne s'emporte pas,
il n'entretient pas de rancune,
il ne se réjouit pas de ce qui est mal
mais il trouve la joie dans ce qui est vrai,
il supporte tout,il fait confiance en tout,
il espère tout,
il endure tout
L'amour ne passera jamais.
Frères, Parmi les dons de Dieu,
Vous chercherez à obtenir ce qu'il y a de meilleur.
Eh bien, je vais vous indiquer une voie supérieur à toutes les autres.
J'aurais beau parler toutes les langues de la terre et du ciel,
Si je n'ai pas la charité, s'il me manque l'amour,
je ne suis qu'un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante .
J'aurais beau être prophète,
avoir toute la science des mystères,
et toute la connaissance de Dieu,
et toute la foi jusqu'à transporter les montagnes,
s'il me manque l'amour,
je ne suis rien.
J'aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés,
j'aurais beau me faire brûler vif,
s'il me manque l'amour,
cela ne me sert à rien.
L'amour prend patience,
l'amour rend service,
l'amour ne jalouse pas,
il ne se vante pas,
ne se gonfle pas d'orgueil,
il ne fait rien de malhonnête,
il ne cherche pas son intérêt,
il ne s'emporte pas,
il n'entretient pas de rancune,
il ne se réjouit pas de ce qui est mal
mais il trouve la joie dans ce qui est vrai,
il supporte tout,il fait confiance en tout,
il espère tout,
il endure tout
L'amour ne passera jamais.
samedi, novembre 11, 2006
Comment puis-je aider un jeune à parvenir à être motivé et quel est le rôle de l’enseignant?
Motiver, c’est guider quelqu’un vers ce qu’il désire, l’amener à cheminer vers ses buts et ses rêves. Ce chemin est quelque chose d’unique et de multiple en lui-même. L’unique est son individualité et le multiple ses talents. Motiver quelqu’un, c’est lui révéler son plein potentiel, et ce, par l’échange et l’écoute; l’enseignement et la compréhension.
L’aidant est là pour lui indiquer la voie, pour qu’il s’aperçoive lui-même qui il EST et ce qu’il peut accomplir : prendre conscience de ce que l’on EST exige parfois d’énormes sacrifices. Comme le disait, si bien, Nietzsche : « Ce qui ne nous tue pas, nous rend plus fort! ». Cette force opèrera un changement radical sur notre identité et sur la manière de percevoir les choses phénoménales. Pour ce faire, nous devons désamorcer nos schèmes mentaux, nos préjugés et nos croyances qui nous limitent et nous laissent croire à quelque chose d’achevée ou de finie. La création de soi, par la motivation de son projet de vie, est un phénomène dynamique, une rétroaction infinie vers la réalisation qui converge vers notre but. Le cheminement de l’individu doit se faire en deux mouvements, le premier est très égoïste et identitaire (personnel) : apprendre à se connaître et à s’estimer, s’apprécier. Tandis que le second, est un acte d’humilité : apprendre à s’étonner, s’émerveillé dans l’échange et le contact avec autrui. L’authenticité et l’honnêteté permettent à l’homme de s’accomplir et le motiveront dans sa quête vers un « savoir-être », par l’action consciente en interaction avec le monde qui l’entoure.
Le monde extérieur est parfois mensonger puisqu’il génère sur nous la projection de fausses valeurs sur la toile de notre inconscient. Il faut apprendre à reconnaître ce qui « EST » la réalité, et non ce qu’on veut nous faire croire ou nous faire voir (au travers les illusions médiatiques). Voir les choses, de manière précises, exigent une bonne méthodologie cognitive, une bonne attitude à penser. D’ailleurs, Descartes prétendait que l’on devait douter de tout, excepté le fait que l’on pense, et c’est parce que l’on pense des choses par soi-même que l’on EST(je pense donc je suis). Le « Cogito » cartésien est essentiel dans l’avènement évolutif de celui qui désir être lui-même c’est-à-dire, un être à part entière, unique en son genre.
On doit alors cesser de penser de manière répétitive, d’une manière inconsciente. Autrement, penser devient un mécanisme comme tous les autres : un processus cognitif qui fait intervenir la mémoire, sans pour autant être une métacognition, ou une analyse consciente et dynamique des évènements qui se produisent. Un mécanisme conditionné par la volonté des autres, et non de nous-mêmes.
Tout conditionnement est un « mantra » qui nous hypnotise, qui nous inhibe ou nous libère dans notre agir. Alors, il faut apprendre à se parler, à subvocaliser les bonnes phrases qui disciplineront nos esprits à devenir des vainqueurs plutôt que des victimes! « Penser, c’est se parler à soi-même » (Alain). Dès lors qu’on se raconte, on apprend rapidement ce que nous sommes sans artifice. Surmonter les conditionnements extérieurs implique de vouloir la vie : une volonté consciente de la vie.
Par ma volonté de vivre, je donne de la valeur et du sens à ma vie. Dès lors que l’on donne du sens aux choses que nous entreprenons et au temps qui passe, chaque moment prend de la valeur; Nous devenons les acteurs créatifs de nos vies, et ce, en donnant du sens aux gestes que l’on posent dans notre réel. Le passé est garant de mon devenir et le présent est l’accomplissement de mon être dans la réalité : « l’homme est un projet », disait Sartre et son projet de vie est la cohérence identitaire de ce qu’il a choisi librement d’ÊTRE.
Pour terminer, je dirais à un enfant démotivé : « raconte-moi ton histoire! », à partir du moment qu’un être humain se sent écouté, on lui redonne immédiatement de la valeur. Cette valeur lui transmettra une confiance et une estime en lui-même, ce qui lui permettra de réaliser chacun de ses rêves. À partir de ce moment, celui qui est prêt à se reconstruire a besoin d’un guide ou d’un mentor : la figure du maître est importante pour cheminer vers des buts et des projets qui l’amèneront à une forme d’ « éveil »(réalisation de soi).
L’aidant est là pour lui indiquer la voie, pour qu’il s’aperçoive lui-même qui il EST et ce qu’il peut accomplir : prendre conscience de ce que l’on EST exige parfois d’énormes sacrifices. Comme le disait, si bien, Nietzsche : « Ce qui ne nous tue pas, nous rend plus fort! ». Cette force opèrera un changement radical sur notre identité et sur la manière de percevoir les choses phénoménales. Pour ce faire, nous devons désamorcer nos schèmes mentaux, nos préjugés et nos croyances qui nous limitent et nous laissent croire à quelque chose d’achevée ou de finie. La création de soi, par la motivation de son projet de vie, est un phénomène dynamique, une rétroaction infinie vers la réalisation qui converge vers notre but. Le cheminement de l’individu doit se faire en deux mouvements, le premier est très égoïste et identitaire (personnel) : apprendre à se connaître et à s’estimer, s’apprécier. Tandis que le second, est un acte d’humilité : apprendre à s’étonner, s’émerveillé dans l’échange et le contact avec autrui. L’authenticité et l’honnêteté permettent à l’homme de s’accomplir et le motiveront dans sa quête vers un « savoir-être », par l’action consciente en interaction avec le monde qui l’entoure.
Le monde extérieur est parfois mensonger puisqu’il génère sur nous la projection de fausses valeurs sur la toile de notre inconscient. Il faut apprendre à reconnaître ce qui « EST » la réalité, et non ce qu’on veut nous faire croire ou nous faire voir (au travers les illusions médiatiques). Voir les choses, de manière précises, exigent une bonne méthodologie cognitive, une bonne attitude à penser. D’ailleurs, Descartes prétendait que l’on devait douter de tout, excepté le fait que l’on pense, et c’est parce que l’on pense des choses par soi-même que l’on EST(je pense donc je suis). Le « Cogito » cartésien est essentiel dans l’avènement évolutif de celui qui désir être lui-même c’est-à-dire, un être à part entière, unique en son genre.
On doit alors cesser de penser de manière répétitive, d’une manière inconsciente. Autrement, penser devient un mécanisme comme tous les autres : un processus cognitif qui fait intervenir la mémoire, sans pour autant être une métacognition, ou une analyse consciente et dynamique des évènements qui se produisent. Un mécanisme conditionné par la volonté des autres, et non de nous-mêmes.
Tout conditionnement est un « mantra » qui nous hypnotise, qui nous inhibe ou nous libère dans notre agir. Alors, il faut apprendre à se parler, à subvocaliser les bonnes phrases qui disciplineront nos esprits à devenir des vainqueurs plutôt que des victimes! « Penser, c’est se parler à soi-même » (Alain). Dès lors qu’on se raconte, on apprend rapidement ce que nous sommes sans artifice. Surmonter les conditionnements extérieurs implique de vouloir la vie : une volonté consciente de la vie.
Par ma volonté de vivre, je donne de la valeur et du sens à ma vie. Dès lors que l’on donne du sens aux choses que nous entreprenons et au temps qui passe, chaque moment prend de la valeur; Nous devenons les acteurs créatifs de nos vies, et ce, en donnant du sens aux gestes que l’on posent dans notre réel. Le passé est garant de mon devenir et le présent est l’accomplissement de mon être dans la réalité : « l’homme est un projet », disait Sartre et son projet de vie est la cohérence identitaire de ce qu’il a choisi librement d’ÊTRE.
Pour terminer, je dirais à un enfant démotivé : « raconte-moi ton histoire! », à partir du moment qu’un être humain se sent écouté, on lui redonne immédiatement de la valeur. Cette valeur lui transmettra une confiance et une estime en lui-même, ce qui lui permettra de réaliser chacun de ses rêves. À partir de ce moment, celui qui est prêt à se reconstruire a besoin d’un guide ou d’un mentor : la figure du maître est importante pour cheminer vers des buts et des projets qui l’amèneront à une forme d’ « éveil »(réalisation de soi).
vendredi, septembre 29, 2006
Libre - Ment
Vous avez oublié
Égarré dans la symétrie de vos gigantesques villes
La difformité maladive des peuples qui s’y retrouvent
Vous avez omis
De les questionner, maintenant ils
Dorment dans l’abrutissement profond de leurs ignorances
Vous avez permis
Tellement peu de choses sensées
À part évidemment, de s’oublier pour mieu passer
Vous avez donné
Des illusions à ceux qui en quémandaient
Pour tous les autres, ils souffrent en silences
Nous réclamons maintenant
Le droit de vivre librement notre humanité
Puisque vos chaines abîment profondément nos chairs
Et que vos lois obscurcissent indéniablement nos âmes
Égarré dans la symétrie de vos gigantesques villes
La difformité maladive des peuples qui s’y retrouvent
Vous avez omis
De les questionner, maintenant ils
Dorment dans l’abrutissement profond de leurs ignorances
Vous avez permis
Tellement peu de choses sensées
À part évidemment, de s’oublier pour mieu passer
Vous avez donné
Des illusions à ceux qui en quémandaient
Pour tous les autres, ils souffrent en silences
Nous réclamons maintenant
Le droit de vivre librement notre humanité
Puisque vos chaines abîment profondément nos chairs
Et que vos lois obscurcissent indéniablement nos âmes
Douceur incandescente
Quand tes yeux heurtent ma vie
Et que subitement, ta peau effleure mon âme
Dans tes yeux sauveurs imaginaires
Tendrement bercé dans un océan lunaire
Nos yeux qui se croisent
Qui s’étale l’un contre l’autre
Pour que les silences tendres s’installent
Comme un rêve qui nous habite
Et puis doucement, la vie
S’étiole dans cet univers qui est le nôtre
Délicatement, l’amour
Nous chuchotte une valse
Où nos corps s’embrasent et s’illuminent
Où ta voix m’enivre et m’éblouit
Où tes courbes ma fascinent et m’épuisent
Où toute mon âme, mon cœur et mon corps
Te désir à t’en faire frémir,
Pour qu’on en meure ensemble
Encore et encore,
Comme une promesse d’éternité
Et que subitement, ta peau effleure mon âme
Dans tes yeux sauveurs imaginaires
Tendrement bercé dans un océan lunaire
Nos yeux qui se croisent
Qui s’étale l’un contre l’autre
Pour que les silences tendres s’installent
Comme un rêve qui nous habite
Et puis doucement, la vie
S’étiole dans cet univers qui est le nôtre
Délicatement, l’amour
Nous chuchotte une valse
Où nos corps s’embrasent et s’illuminent
Où ta voix m’enivre et m’éblouit
Où tes courbes ma fascinent et m’épuisent
Où toute mon âme, mon cœur et mon corps
Te désir à t’en faire frémir,
Pour qu’on en meure ensemble
Encore et encore,
Comme une promesse d’éternité
mercredi, mai 17, 2006
Comment vivre sur cette terre sans tuer ou faire souffrir un autre ?
Vous êtes-vous jamais posé cette question ? Véritablement ? Pas en théorie, mais véritablement, vous êtes-vous posé cette question, lui avez-vous fait face ? Ne la fuyez pas, n'expliquez pas que la souffrance est nécessaire, et tout le reste, mais regardez-la, affrontez-la. Vous êtes-vous jamais posé une telle question ? Pas en masse, pas pour faire une manifestation contre un politicien qui veut détruire un parc national, ou pour telle ou telle cause. Pour se poser une telle question, il faut qu'elle vous consume, que ce soit quelquechose de considérablement important, pas une question fantaisiste pour passer le temps.
Vivre sur cette terre avec son extraordinaire beautée sans la détruire; pour mettre fin à la souffrance, pour ne pas tuer un autre être humain, pour ne pas tuer une chose vivante. Il existe une secte en Inde dont le seul moyen de déplacement est la marche. Ils ne prennent ni le train, ni l'avion ni aucun véhicule et ils portent un masque pour ne pas tuer in insecte en respirant. Quelques membres de ce groupe sont venus voir l'orateur, ils ont marché pendant treize cents kilomètres. Et ils ne veulent pas tuer.
Il y a aussi ceux qui veulent tuer : tuer pour le sport, tuer pour s'amuser, tuer pour le profit - toute l'industrie de la viande, ceux qui détruisent la terre, rejettent des gaz empoisonnés, polluent l'air, l'eau et polluent les autres. C'est bien ce que nous faisons à la terre et aux autres.
Peut-on vivre sur cette terre avec cette grande beautée et ne pas apporter la souffrance et la mort aux autres ? C'est une question très, très sérieuse. Vivre une vie qui ne provoque pas la souffrance ou la mort des autres. Cela signifie ne pas tuer un être humain et ausssi ne pas tuer les animaux pour se divertir ou pour manger. Comprenez-vous tout cela ? Telle est la question.
Il y avait en Inde, une catégorie de gens qui ne mangeaient jamais de viande. Ils pensaient qu'il était mauvais de tuer. On les appelait alors les brahmanes. La civilisation occidentale ne s'est jamais posée la question de savoir s'il est juste de tuer, s'il est justifié de tuer une chose vivante. Le monde occidental a détruit des races entières. D'accord ? L'Amérique a détruit les Indiens, elle les a anéantis car elle voulait leur terre et tout le reste. Pouvons-nous vivre sur cette terre sans tuer, sans guerre ? Je peux vous répondre mais, à quoi cela vous servira-t-il si vous tuez ? Je ne préconise pas le végétarisme (Il y a quelque temps quelqu'un écrivait : "Le végétarisme se répand sur ce pays comme une maladie dégoûtante !") Mais vous tuez un chou, où placez-vous la limite ? En faites-vous un problème ? Comprenez-vous ma question ?
Si vous êtes contre la guerre, comme certains êtres humains, moi y compris, le sont et contre le fait de tuer d'autres hommes, quelle qu'en soit la raison, alors vous ne pouvez même plus poster une lettre ! Le timbre, la nourriture que vous achetez, une partie de ce que vous payez va à la défense, à l'armement. Si vous achetez de l'essence, une parti du prix y va aussi etc., etc. Alors que faire ? Si vous ne payez pas les taxes vous aurez des amendes ou vous irez en prison. Si vous n'achetez pas de timbres ou d'essence, vous ne pourrez pas écrire ou voyager. Alors vous vous isolerez et vivre de cette façon semble plutôt futile. Alors que faire ? Allez-vous dire : "Je ne voyagerai pas, je n'écrirai pas ? " Puisque tout cela contribue à soutenir l'armée, la marine et les armements - vous suivez ? -, tout ce racket. Ou bien voulez-vous approcher ce problème de façon différente ? Pourquoi tuons-nous ? Les religions, surtout le christianisme, ont tué énormément de gens. Elles ont torturé des gens, les ont traités d'hérétiques et les ont brûlés. Vous connaissez toute cette histoire. Les musulmans ont fait la même chose. Les hindous et les bouddhistes sont probablement les seuls qui n'ont pas tué - leur religion l'interdit.
Comment vivre sur cette terre sans tuer ou faire souffrir un autre ? Approfondit réellement cette question est un processus très, très sérieux. Est-ce que c'est cette qualité d'amour qui répond à cette question ? Si vous aimez un autre être, êtes-vous prêt à le tuer ? Allez-vous tuer, à part ce dont vous avez besoin pour vous nourrir, des légumes, des noix, etc., à part cela, allez-vous tuer ? Approfondissez toutes ces questions et vivez avec, pour l'amour du ciel, ne vous contentez pas d'en parler.
Ce qui divise le monde, ce sont les idéaux, l'idéologie d'un groupe contre celle d'un autre, cette division apparemment éternelle entre l'homme et la femme, etc. On a essayé de jeter un pont avec la logique, la pensée, la raison, à l'aide de différentes institutions, fondations et organisations, et on n'a absolument pas réussi. C'est un fait. Le savoir n'a pas non plus résolu ce problème - le savoir dans le sens d'une expérience accumulée, etc. Et la pensée n'a certainement pas résolu ce problème.
Il n' y a donc qu'une possibilité pour sortir de là : découvrir ce qu'est l'amour. L'amour n'est pas le désir, l'amour n'est pas la possession, l'amour n'est pas une activité égoïste, égocentrique - moi d'abord et toi après. Mais apparemment, cet amour n'a pas de signification pour la plupart des gens. Ils peuvent écrire des livres sur ce sujet, mais cela n'a pas de sens, alors ils essayent d'inventer cette qualité, ce parfum, ce feu, cette compassion. Et la compassion a sa propre intelligence, qui est l'intelligence suprême. Quand il y a cette intelligence née de la compassion, de l'amour, alors tous ces problèmes sont résolus simplement, tranquillement mais nous ne poursuivons jamais jusqu'à son terme. Nous pouvons la poursuivre intellectuellement, verbalement, mais si vous le faites avec votre coeur, avec votre esprit, avec votre passion, alors la terre restera belle. Et il y a alors un grand sentiment de beauté en soi.
(de la nature et de l'environnement, J.Krishnamurti)


